Le journal du gîte rural en 2010
Le 28 novembre au soir, il a neigé, mais alors on se serait cru en Skandinavie !
Le père-noël en neige surveille le gîte La pergola sous la neige
Une première : ce week-end du 20 novembre nous avons accueilli une vedette, une vraie ! Hugues Auffray en concert à Chateauneuf-sur-Loire a séjourné à la maison avec ses musiciens. Incroyablement simple, accessible, curieux de tout, il nous a charmés. Sur scène il a une pêche d'enfer et c'est avec enthousiasme que nous avons tous repris les refrains qui un jour seront classés au patrimoine "Céline", "Stewbol", "Santiano" etc.. Les chansons de son dernier album sont magnifiques de sensibilité et nous transportent vers l'Amérique que Hugues connaît très bien. Et puis c'est un hispanophone aguerri, connaissant la Galice comme sa poche, ce qui a totalement fini par me séduire, évidemment.

HUGUES, MAX -POL ET GEORGES
Petit mot sur notre livre d'or
Cet automne nous avons accueilli toute une famille venue fêter les 18 ans d'un neveu et petit-fils. Malgré une bourde (j'ai loupé une chambre !) tout le monde s'est retrouvé à la maison pour un bon petit déjeuner, et en plus j'ai eu droit à de jolies photos !
Nicole et Désiré ont passé une petite semaine à la maison. Désiré, gourmand comme tout, a fait plus qu'honneur à la cuisine de Laurent. Il peut se le permettre il est épais comme un haricot. Quand à Nicole, elle a raté une carrière de danseuse étoile. En effet au son du grelot qui sert de porte-clé aux chambres, Nicole nous a appris à danser la danse des Gilles de Binche. Et comme nous avions également à la maison Monique, hollandaise au français impeccable qui adorait danser, c'était carnaval tous les soirs. Comme quoi avec un simple grelot et beaucoup de bonne humeur....

Mes copains Pauline et Sander et moi, avant de démarrer
une partie de baby-foot endiablée.
Esther et Kaat, les grandes soeurs de Sander. Leur papa Marteens est un fameux pianiste, et je suis sure que mon vieux piano a été ravi d'être joué pour une fois par un vrai virtuose.

Vivianne, Ulrich et nous. Ulrich met un point d'honneur à faire mentir
l'image du suisse lent : c'est une tornade ! Je crois que durant toute la semaine
qu'ils ont passé à la maison, il n'est pas resté en place une minute.
Vivianne est d'une patience angélique, et Ulrich un vrai généreux.
Un petit-déjeuner animé en compagnie d'Ulrich, de Vivianne et
toute une famille
Des photos prises par un hôte :

La piscine et le terrain de badmington

La maison vue du jardin

Un des rosiers du jardin. Cette année nous avons eu des fleurs
exceptionnelles.
deux autres fleurs de la maison...
Un groupe courageux de cycliste. Et parler de courage c'est très en-dessous de la vérité (il faisait une chaleur !)
En tout cas ce fut une belle soirée, joyeuse et à la bonne franquette.
2009
Mai 2009 :
les frères Morel viennent parcourir la région. Ils sont suisses. Rires, bon coup de fourchette, contents de tout, s’émerveillant de notre belle région, ce fut une rencontre joyeuse. Bruno menait la danse. Pourtant un soir, frères et sœurs partis se reposer, Bruno m’a raconté son histoire, une de celle qui vous reste à jamais plantée dans le cœur. Je lui ai demandé la permission de la rapporter sur mon journal. Il a fait mieux, il l’a écrite.
Voici l’histoire d’un père qui a su faire naître d’un drame épouvantable une fleur de bonheur et d’amour.
Le miracle de Compostelle
« C’était en février 2000. Il avait neigé toute la semaine et il y avait des tonnes de poudreuse. Antoine s’est levé ce lundi matin avec un ciel bleu… bleu… et une neige… une neige scintillante… une neige de rêve… Antoine est parti avec ses amis, trois fois il l’a faite cette descente, la troisième était la dernière…
A 19 ans mon fils nous a quittés et ça fait mal. Avec mon épouse, mes enfants, ma famille, mes amis, j’ai réussi à retrouver la joie de vivre. Ce n’est pas facile… et…. si le soutien de son entourage est indispensable, il faut avant tout se prendre en charge soi même et ça, ce n’est pas évident.
Je crois que j’y suis arrivé, en grande partie grâce au Chemin de Compostelle.
Antoine m’a accompagné sur tout le parcours. Il se trouvait à ma droite et personne n’avait le droit de prendre sa place. Du Puy à St-Jean-pied-de-Port mes 3 frères étaient avec moi. Sur le chemin espagnol, je me suis retrouvé seul avec mon grand… J’ai pris peur, une panique incontrôlable, le désespoir, plus capable de supporter seul mon chagrin. 2 jours seulement, mais j’ai cru tout abandonner lorsque je l’ai rencontré, lui, Kaki… (Bruno et Kaki ne se quitterons plus jusqu’à St-Jacques)
Pleuré, oui j’ai beaucoup pleuré. Non pas comme on se laisse aller dans le chagrin, mais doucement, très doucement, abandonné. Sans tomber dans la douleur excessive. Il faut reconnaître que les larmes sont très présentes sur ce chemin. Comme on peut s’en douter, la fatigue et les maux trouvent dans cette manifestation une expression naturelle. Le chemin de Saint-Jacques, autant par sa longueur que par l’extraordinaire beauté de certains lieux traversés, fragilise l’individu au point de le rendre vulnérable jusqu’à l’irrationnel.
Passionné d’informatique, Antoine a reçu sur son site internet, après son départ, plus d’un millier de messages d’adieux. A la maison, j’ai essayé de les lire, mais ils ne m’étaient pas adressés. Je les ai pris dans mes bagages. Au passage d’un ruisseau, sur un calvaire, dans une monté, dans la joie ou dans la tristesse, jour après jour, j’ai parsemé mon parcours de petits messages représentant autant d’occasions de penser à lui. Même si le pèlerin va en solitaire, il partage avec d’autres, et dans une communauté d’esprit le respect de l’autre. Combien, en trouvant ces petits mots sur leur chemin, ont partagé avec moi mon chagrin et ma peine ? Devant, comme derrière moi, mon passage était signalé. Tout le monde connaissait Antoine et tous, à leur façon ont priés pour lui, pour moi, pour nous tous.
Je ne parle ni ne comprend l’espagnol. A Granôn, le gîte fait partie intégrante de la petite église du village. Là j’ai trouvé l’aumônier du chemin de la province de Castille. Il connaissait mon histoire avant que je lui en parle. Il m’a réconforté et promis qu’à l’élévation, lorsqu’il présenterait le corps et le sang du Christ, Antoine serait avec nous. Sans être spécialement croyant, rarement un instant fut d’une aussi grande intensité. Lors du sermon, il fit part de mon histoire. Antoine fut le seul mot que j’ai compris mais quel ne fut pas mon étonnement à la sortie de l’église de voir ces femmes et ces paysans de l’Espagne profonde venir me serrer la main et me réconforter comme si j’étais un voisin !
Avec lui je suis arrivé à Compostelle. Avec lui assis au milieu de la place, j’ai attendu le bon moment pour entrer dans la cathédrale. Avec lui et accompagné en pensée par sa maman, ses sœurs, ses amis, nous sommes entrés. Une petite bougie à la main, j’ai attendu que lentement le temps s’écoule. Et puis tout est arrivé en même temps : je me suis senti heureux, libéré, libre, tranquille, serein, en paix avec Antoine et avec le monde. Pour moi tout est simple, je suis un privilégié à qui un miracle lui est arrivé.
Vous aussi, allez sur le chemin, vous y trouverez la paix, la joie, la camaraderie, le bonheur et pourquoi pas aussi votre miracle
Antoine, est-ce qu’il y a de la poudreuse au Paradis ?
Bruno-Jacques
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Les frangins-frangines Leur résidence secondaire
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